Édito
Les tensions sur le marché de l’emploi n’ont pas fait entrer les jeunes diplômés dans le rang et leur rapport à l’emploi continue de bousculer les repères établis. Autonomes, outillés, ambitieux, ils redessinent les contours du parcours candidat : multiplication des canaux, exigence de transparence, rejet croissant des discours trop lisses. En 2026, ils choisissent d’abord un secteur, pas une marque employeur, et ne croient qu’aux expériences réelles, loin des contenus corporate pourtant encore omniprésents. Leur vision du travail reste étonnamment positive : 96% y voient un moteur d’épanouissement, un lieu d’utilité, de sens et de progression. Mais l’engagement n’exclut pas la mobilité : le premier poste ne dépasse plus 17 mois en moyenne, un rythme qui interroge les modèles RH traditionnels. Le CDI demeure majoritaire, mais n’est plus la norme attendue par tous — un signe parmi d’autres d’un marché plus fluide et plus fragmenté. À ces mutations s’ajoute un nouvel acteur : l’IA. Déjà incontournable dans les candidatures, — 92% y ont recours — elle influence jusqu’aux choix d’orientation. Mais paradoxalement, les jeunes refusent un recrutement automatisé et défendent la place de l’humain dans l’évaluation.
Cette étude éclaire l’un des enjeux majeurs des années à venir : comprendre une génération qui, loin d’être désengagée, cherche surtout un travail plus vrai, plus lisible et plus cohérent avec ses aspirations. À charge pour les entreprises d’ajuster leurs pratiques — et de rattraper un mouvement déjà bien engagé.
Jeunes générations : les ambitions ont changé
Bonne lecture,
Manuelle Malot, Directrice NewGen Talent Centre, EDHEC Business School
Michaël Giaj, Insight Manager, JobTeaser
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